"Poitiers : Zone libre ?" - Manifestation & débat - mercredi 10 mars

Publié le par soutiensametjeansalvy

Suite à l'appel du Vendredi 19 février, nous avions annoncé sur ce blog que Samuel et Jean-Salvy réfléchissaient à un éventuel pourvoi en cassation. (Cette voie de recours est offerte aux parties à l'instance suite à un arrêt rendu en appel. Ce n’est pas un troisième degré de juridiction, car le juge de cassation ne rejuge pas l’affaire. Il vérifie seulement le respect des règles de procédure et la correcte application du droit par les juges qui ont traité le fond.)

La décision était extrêmement difficile à prendre, mais après avoir longuement pesé le pour et le contre, nous sommes aujourd'hui en mesure d’annoncer que Samuel a déposé un pourvoi en cassation.

Jean-Salvy, pour sa part, n’a pas souhaité s’engager dans une nouvelle procédure, longue et éprouvante. Il souhaite retrouver rapidement le cours d’une vie plus sereine.

La démarche de Samuel, quant à elle, va nécessiter un soutien humain et financier. Nous invitons celles et ceux qui le souhaitent à participer au paiement des honoraires d’avocats, ainsi qu’à l’amende à laquelle il a été injustement condamné. Il est dores et déjà possible d’envoyer des dons à :
 "Justice pour Tous", chez Astrid GUILBAULT
3, rue René Descartes - 86600 POITIERS
(chèques à l'ordre de Justice pour Tous)

C’est une nouvelle page qui se tourne désormais dans l’affaire, dite « du 10 octobre ». Le Comité de soutien remercie toutes les personnes qui nous ont témoigné leur soutien, sous une forme ou sous une autre, depuis le début de notre mobilisation. Outre la confiance et l’amitié que nous portons à Jean-Salvy et Samuel, outre leur intégrité et les idéaux pacifistes dont ils témoignent au quotidien, nous ne répèterons jamais assez que de nombreux témoignages démontrent qu’ils n’étaient pas parmi les manifestants qui ont dégradé des commerces de Poitiers le 10 octobre.

Désormais, le mouvement doit continuer !
Nous tenons aujourd’hui, et en attendant que la cour de cassation se prononce, à leur manifester une nouvelle fois toute notre solidarité. Nous serons à leur côté jusqu’à l’issue de la cassation et bien au-delà, et nous continuerons à dénoncer le système qui a conduit à de telles interpellations, inculpations et condamnations. 

Samuel et Jean-Salvy ont vraisemblablement été arrêté ce jour-là parce qu’ils avaient participé à de nombreuses manifestations étudiantes auparavant. « C'est les débiles qu'on voit toujours en manif. Y en a marre de voir vos gueules de cons », avaient alors déclaré des policiers, devant des témoins. Nous sommes tous susceptibles d'être un jour victimes à notre tour de ce système répressif. Depuis le 10 octobre, une réelle insécurité s’est instaurée à Poitiers par une présence policière excessive lors de chaque rassemblement citoyen. Il est légitime de se demander si nous sommes encore libres de nous exprimer à Poitiers tant le nombre d’interpellations injustifiées ne cesse de croître.

Nous appelons à la vigilance de chacun et à la mobilisation de tous. Dans une semaine, mercredi 10 mars, 5 mois après les évènements, nous appelons à une nouvelle manifestation (départ à 18h30, Place du palais de Justice). Nous ne pouvons pas nous taire face à tant d'atteintes élémentaires aux Droits de l'homme. Les appels de Samuel et de Jean-Salvy n’ont pas été entendus, il nous faudra crier plus fort !
Proposition
Nous voulons par ailleurs alerter les citoyens en soulevant des questions qui nous semblent essentielles aujourd’hui pour vivre en démocratie, ensemble et de manière solidaire : Sommes-nous aujourd’hui libres de manifester et de nous exprimer à Poitiers comme partout en France ? Quelles sont les missions données aux fonctionnaires de Police ? Qu’en est-il de l’indépendance de la justice ? Et quid des conditions de garde à vue ?... Autant de questions qui seront posées le même jour, à 20h30, à la Maison du Peuple.

Plusieurs personnalités du monde associatif ou politique seront alors invités à donner leurs points de vue sur ces sujets. Nous annoncerons sur notre blog, la liste des intervenants ayant répondu favorablement à notre invitation.

D’ici-là, et à quelques semaines d’une échéance électorale importante, nous invitons chacun à diffuser l’information, à faire connaître nos actions, à dénoncer les graves dérives du système actuel et à nous soutenir, humainement et financièrement.
« Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie », écrivait Prévert...
Le mouvement continue !

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