Communiqué du Comité de soutien

Publié le par soutiensametjeansalvy

Un rassemblement
solidaire et serein

 

Nous étions 1000 ! Comptés un à un, mille personnes de toutes générations, solidaires de Samuel, de Jean-Salvy et des autres inculpés. Mille, rassemblés autour des parents de nos amis à témoigner le plus calmement du monde d'un réel sentiment d'injustice. Mille visages émus. Mille cœurs remplis d'une grande révolte contenue. Tous face au Palais de Justice dont nous étions nombreux à nous demander s'il portait encore bien son nom. Quelques photos de Sam et Jean-Salvy ont été brandies face au soleil, appuyées d'une citation de Jacques Prévert : « Quand la vérité n'est pas libre, la vérité n'est pas vraie ».

 

Aucun slogan trop politique, aucune banderole trop polémique, aucune violence, ... Tels que l'avaient souhaité les familles. On avait envie de témoigner à nos potes que nous étions derrière eux, simplement parce qu'on se sentait tellement impuissants.


Après une courte intervention du papa de Jean-Salvy, nous avons avancé en direction du Parc de Blossac, là où on aime se retrouver pour jouer au foot ou refaire le monde les soirs d'été. Nous avons marché ensemble, main dans la main, calmement, derrière une seule et unique banderole : « Liberté pour eux, justice pour tous ». Nous avions dans nos esprits l'image de nos potes, l'image de ceux qui auraient dû être là, avec nous, comme ils l'étaient de tous les rassemblements et de toutes les manifestations qui leur semblaient justes. Le cortège a défilé au milieu des arbres avant de s'arrêter devant une stèle dédiée à la Résistance. Les familles ont pris la parole pour nous remercier et nous inviter à une dispersion sereine.

 

Que s'est-il passé après le rassemblement ? (rédigé à partir de témoignages recueillis auprès de diverses personnes qui se trouvaient à proximité des policiers) :

Au moment où nous sommes arrivés à Blossac, les policiers étaient là. Nous avons appris que 5 bus de CRS nous attendaient également au Rond point de l'Eglise Notre-Dame. Le cordon de policiers présents devant nous devant le monument de la Résistance, flash-balls à la main, le visage tendu, attendaient visiblement qu'un incident ait lieu pour intervenir. En les voyant, un homme d'une soixantaine d'année que le rassemblement avait réellement bouleversé à lancé pour protester à leur angoissante présence : « Vous êtes des papons. Y'a pas de justice ». Un policier a alors lancé : « arrêtez-le ! ». Il a voulu s'enfuir mais trois policiers l'ont poursuivis. Sa femme en pleurs, a dit : « Il ne va pas bien, il est cardiaque ».

 

La foule, sans aucune violence physique, s'est indignée. Nous avons protesté et avons suivi les policiers qui emmenaient l'homme, avant de nous voir tous enfermés dans le parc de Blossac, les policiers en ayant fermé les immenses grilles. L'homme a été conduit au poste de Police accompagné de trois hommes qui ont tenté de s'interposer. A l'heure qu'il est, ils ont été libéré.

 

Nous resterons vigilants quant aux éventuelles poursuites contre les quatre personnes qui ont été arrêtées aujourd'hui.

 

Toutefois, nous ne rentrerons pas dans le jeu de ceux qui n'attendaient qu'une chose : que notre rassemblement tourne mal pour décrédibiliser nos actions et nous assimiler à des casseurs.

 

Retenons de cette journée ce qu'elle a été : une impressionnante mobilisation calme et sereine, un émouvant moment de soutien à nos amis, un vibrant appel à la justice.

 

Pour Jean-Salvy, pour Samuel, pour les autres inculpés,

Pour tous les citoyens qui croient encore en la justice de notre pays,

Restons mobilisés ! Le mouvement continue !
Le Comité de soutien

Publié dans Rassemblements

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Georgiana Compte 21/10/2009 20:08


lien vers l'article du Monde dans lequel des "Autonomes" revendiques les violences qui ont eu lieu le 10/10

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/21/apres-les-incidents-de-poitiers-des-autonomes-revendiquent-leur-action_1256963_3224.html#ens_id=1252483


Serge Rivet 18/10/2009 00:00


Les fruits de la génération Sarkozy, ce sont une police schizophrène et des jeunes en mal de reconnaissance qui s'attaquent aux symboles financiers et répressifs. Et pendant que des agri-managers
dépensent sans compter des litres de fuel pour hurler leur trouille du lendemain, sous couvert de charité mal ordonnée, des immigrés sont traités comme des chiens. Comme au siècle dernier, à
nouveau, il va falloir qu'on repousse cette mauvaise graine de barbarie institutionnalisée... Bravo, vous en faites une partie, continuez, je suis fier de vous !


Zombie 17/10/2009 21:56


C'est plié, Papineau a gagné.
Une dépêche de l'AFP est relayée dans tous les journaux. Qu'est ce qu'on lit? "Manifestation à Poitiers : nouvelles interpellations". Comme ça, brut de décoffrage. Ca évite de se demander ce qui
s'est passé. C'est bien, maintenant,la police peut arrêter qui elle veut, n'importe quand, pour n'importe quoi, on se dira qu'il s'est forcément passé quelque chose. Quand au rassemblement de
soutien, ça passera pour une manif de casseurs. Et ça détournera surtout l'attention de ce rassemblement civique de personne de tous ages inquiètes pour l'état de la démocratie.
Inutile de dire que c'est plus la peine de sortir de chez soi, qu'on peut venir vous chercher comme ça, juste pour s'amuser...


P.S: Je pense que c'est moi le gaillard aux yeux rougis de larmes.


alex 17/10/2009 21:02


merci à tous pour votre soutien
en ce qui concerne l'altercation, je n'ai qu'une chose à dire : oublions cela, continuons notre combat, nos actions sont les plus justes !!!!!!!!!

merci encore, continuons le COMBAT !!!!!!!!!!!


Arfeuillère 17/10/2009 20:44


Je souscris tout à fait à votre désir de ne garder de ce rassemblement que le message d'espoir dont ils est porteur. Pourtant, je tiens à vous partager l'amertume qui est la mienne devant les
incidents qui se sont produits cet après-midi : nous savons que Jean-Salvy et Samuel sont victimes d'un procès politique et cet après-midi, malheureusement confirme que nous vivons une mutation de
notre démocratie. Je n'ai pu faire autrement, dès mon retour de notre rassemblement, que de transmettre aux médias locaux cette réaction que je vous livre également.

"J’ai vu des jeunes perdre espoir…
C’est un grand gaillard, il doit avoir dans les 20 ans… Tête basse, il rentre chez lui après la manifestation de soutien aux jeunes emprisonnés de Poitiers. Ses yeux rougis de larmes me hantent.
Comme me hante ce jeune couple enlacé se réconfortant l’un l’autre, la tristesse pesant lourd sur leurs jeunes épaules. Ces jeunes, et bien d’autres, viennent d’assister à l’interpellation musclée
d’un manifestant dont on ne comprend pas toujours pas pourquoi les policiers ont jugé qu’il devait être arrêté.
Ils ont vécu le même rassemblement que moi, un rassemblement digne, dans le calme, fait d’échanges entre citoyens de tous les âges, de toutes les sensibilités. Tous étaient venus là dire leur
espoir d’une démocratie qui saurait reconnaître ses erreurs et rappellerait à ses devoirs une justice et une police qui ont perdu le sens de leur devoir. Ils repartent avec ces larmes
d’impuissance, avec cette amertume de ne pas avoir été entendus ; pire, ils repartent avec la certitude que devant eux, la société a pris un nouveau visage : celui de l’arbitraire et de la
répression.
J’ai cinquante ans ; j’ai accompagné bien des combats, j’ai participé à nombre de manifestations à chaque fois que j’ai cru que la liberté et la justice avait besoin d’une petite voix
supplémentaire pour se faire entendre. Je ne pense pas avoir jamais été aussi ébranlé que ce soir : les quelques cars de gendarmes mobiles qu’on avait jugé bon d’opposer aujourd’hui aux citoyens
inquiets de l’état de notre démocratie auront été efficaces. Ils ne sont pas loin d’avoir tué mes dernières illusions sur notre droit à manifester et à nous faire entendre. Prenons garde que les
jeunes ne renoncent pas trop vite à y croire encore un peu… "

Je reste à vos côtés et vous souhaite bon courage.

Jacques Arfeuillère, enseignant, 51 ans.